Sept étudiants en stage à l’étranger ont choisi de rester sur place durant la crise sanitaire. Ils nous expliquent leurs raisons.
Publié le jeudi 7 mai 2020
Dernière modification le 6 septembre 2021.
Certains étudiants en stage à l’étranger ont fait le choix de poursuivre leur activité hors de l’hexagone. Sept d’entre eux témoignent et partagent leur quotidien, aux quatre coins du monde, durant la crise du Covid-19.
Au mois de mars dernier, nombreux de nos étudiants de Master, Mastère Spécialisé et du cursus ingénieur étaient en mobilité à l’étranger. 80% de nos étudiants ingénieur effectuent en moyenne au moins un semestre à l’international au cours de leur formation, toute mobilité confondue. A l’heure de la crise sanitaire planétaire, nous avons tenu à accompagner en continu et de façon personnalisée les situations de chacun des étudiants se trouvant hors du territoire français.
Pour les 43 élèves devant réaliser un semestre académique à l’étranger, 20 ont réintégré le semestre classique de l’Ecole, les 23 autres ont été en mesure de suivre les enseignements à distance de l’université d’accueil.
Concernant les étudiants en stage à l’étranger, certains ont fait le choix de poursuivre leur activité hors de l’hexagone. Sept d’entre eux témoignent et partagent leur quotidien, aux quatre coins du monde, durant la crise du Covid-19.
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Théo NGUYEN et Robin VERON
Chiang Maï / Thaïlande
“Le Ministre de la Santé thaïlandais a reproché aux étrangers d’être à l’origine de l’arrivée du Covid-19 dans le pays”
Étudiants du cursus ingénieur en année optionnelle, Théo NGuyen, 22 ans (à droite) et Robin Veron, 21 ans (à gauche) ont débarqué à Chiang Maï en Thaïlande en janvier 2020 pour réaliser leur stage de 6 mois chez un important équipementier aéronautique. Dès leur arrivée, les deux étudiants ont été accueillis par l’entreprise qui leur a fourni un logement, des moyens de locomotion et, très rapidement des masques de protection. À l’annonce du confinement en France, Théo a immédiatement été mis en télétravail. Robin quant à lui témoigne : “cela s’est avéré un peu plus compliqué pour moi car je ne disposais pas d’outils adaptés pour le télétravail. Toutefois, l’entreprise m’a accompagné et a tout mis en œuvre pour que je puisse travailler depuis chez moi le plus rapidement possible”.
Dans le même temps, les étudiants ont été contactés par la DFI pour mettre en place un éventuel rapatriement. Théo raconte : “Nous avons passé de longues, très longues soirées à discuter tous les deux sur notre retour ou non en France. On a même réalisé un diagramme des risques !” Robin poursuit : “On a fait le choix de rester ici, d’abord pour terminer notre stage mais aussi parce que le voyage de retour en France s’avérait long et compliqué, Bangkok étant confiné. Et puis, on s’est dit qu’on prenait moins de risques ici qu’en voyageant d’aéroport en aéroport”.
Depuis le 26 mars dernier, la Thaïlande a interdit l’ouverture de tous les commerces qui ne s’apparentent pas à la vente de produits de première nécessité. “Il n’y a pas de confinement ici mais un couvre-feu entre 22h et 4h. Il est donc encore possible de sortir. Le pays était bien préparé à la crise sanitaire puisqu’on peut se procurer facilement des masques et des gels hydroalcooliques” confient les deux étudiants avant de poursuivre “le ministre de la santé thaïlandais a annoncé dans les médias que le Covid-19 était apparu dans le pays à cause des étrangers. Il a notamment dit que certains d’entre nous s’habillaient salement et ne se douchaient pas... Pour le moment, nous n’avons pas rencontré de difficultés avec les habitants mais on constate un fort racisme envers les expatriés chinois.”

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Gabriel DELCROS
Tokyo / Japon
“Ici, la vie suit son cours comme si tout était à la normale”
Étudiant en Mastère spécialisé Aerospace Project Management, Gabriel Delcros, 25 ans, est en stage de fin d’études à Tokyo au Japon. Quelques jours après son arrivée, le pays a mis en place des premières mesures face à la crise sanitaire. L’étudiant raconte : “Le 17 mars, soit deux jours après mon arrivée, le gouvernement japonais a imposé la quatorzaine à tous les étrangers arrivant sur le territoire”. Exempt d’isolement, Gabriel commence alors son stage sur le site de l’entreprise jusqu’à ce que l’état d’urgence soit déclaré au Japon. Il explique “Après mes 15 premiers jours de stage, mon entreprise a fait le choix de me mettre en télétravail. Cela fut également l’une des recommandations de l’ISAE-SUPAERO. Ainsi, depuis, je travaille depuis mon appartement que je partage avec trois autres stagiaires étrangers”. Au Japon, l’imposition du confinement étant interdite, les commerces, bars, restaurants, salles de spectacle...sont donc encore ouverts. Gabriel confie : “Ici, pas besoin d’imposer le confinement, les habitants le font naturellement et ont l’habitude de porter des masques tout au long de l’année. Je n’ai pas l’impression de vivre différemment qu’avant le début de la crise sanitaire. Ici, on croirait vraiment que la vie suit son cours et que tout est à la normale”.

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Alexis CHAUVILLE
Singapour
“Singapour dispose d’un système médical de pointe”
Étudiant ingénieur de dernière année, Alexis Chauville a atterri à Singapour en mars dernier pour un stage de 5 mois chez un grand équipementier aéronautique. Quelques jours après son arrivée, le pays a fermé ses frontières pour une durée indéterminée. L’étudiant témoigne : “J’aurai pu faire le choix de rentrer en France, l’ISAE-SUPAERO m’a d’ailleurs proposé le rapatriement. Mais je savais que si je partais, je ne pourrai plus revenir pour finir mon stage”. Ainsi, le 6 avril dernier, l’étudiant a débuté son stage sur site, un jour avant la mise en place généralisée du télétravail dans le pays. Il a ainsi pu rencontrer son maître de stage et récupérer le matériel nécessaire pour poursuivre son travail depuis son appartement qu’il partage avec des étudiants français et écossais. Si depuis le 7 avril 2020 toutes les industries et entreprises sont fermées, le confinement est moins stricte à Singapour qu’en France. Il est donc possible de se promener librement dans les rues et les parcs à condition d’être seul. Alexis conclut : “Je n’ai pas réfléchi longtemps au fait de rester ici ou de rentrer en France. Le nombre de cas de Covid-19 est moins important que dans de nombreux pays et le système de santé est très à la pointe à Singapour. Je n’ai donc aucune inquiétude quant à ma sécurité. Tout se passe très bien ici.”

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Guillaume BONNIN et Clément BASSE
New Castle/ Etat du Delaware / USA
“Business as usual ! On poursuit nos stages sur site”
Étudiants en année optionnelle du cursus ingénieur, Guillaume Bonnin et Clément Basse, 22 ans chacun, réalisent actuellement leur stage de 6 mois dans le Delaware aux Etats-Unis.
Arrivés à un mois d’intervalle, le premier mi-janvier, le second mi-février, les deux étudiants vivent en colocation dans la ville de New Castle. Dès le début de la crise sanitaire aux Etats-Unis, le gouvernement américain a fait le choix de laisser chaque état définir lui-même les mesures à prendre.
Ainsi, depuis fin mars, le gouverneur du Delaware a recommandé le “Stay at Home Order” et la fermeture des “non-essential business” tels que les bars, les restaurants ou encore les salons de coiffure. Clément s’esclaffe : “Grâce au confinement, Guillaume a eu la preuve que je n’étais pas voué à une grande carrière de coiffeur”. Guillaume poursuit : “La maintenance aéronautique étant considérée comme un “essential business”, nous avons poursuivi nos stages sur site. L’entreprise a toutefois pris différentes mesures comme la distanciation sociale et le port du masque”. Clément ajoute : “Comme on dit ici “Business as usual !” Nous avons poursuivi le travail de la même manière jusqu’au premier cas de Covid-19 détecté dans l’entreprise”. Après quelques jours de confinement, cette dernière a rouvert ses portes à ses salariés bien qu’un grand nombre ait pu se mettre en télétravail. Clément explique : “Pour pouvoir conserver notre VISA, nous sommes contraints d’effectuer un nombre d’heures de travail minimum. C’est une des raisons pour laquelle nous continuons à venir sur site”. L’ISAE-SUPAERO a proposé aux deux étudiants d’être rapatriés en France. Ils expliquent “Nous avons souhaité rester sur place, d’abord pour finir nos stages car nous savions que les USA fermeraient ensuite leurs frontières aux étrangers. Mais aussi parce qu’on ne se sent pas plus en danger qu’ailleurs. Ce qui est étrange, c’est de ne pas avoir le droit de fréquenter d’autres personnes à l’extérieur mais c’est pareil partout dans le monde”.

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Andrea ZOLLO
Munich / Allemagne
“Je suis resté en Allemagne d’abord par sécurité”
Étudiant d’origine italienne en dernière année de Master Ingénierie Aérospatiale, Andrea Zollo réalise actuellement son stage de fin d’études à Munich au sein de l’Agence Spatiale Allemande (DLR).
Arrivé sur place le 17 mars dernier, l’étudiant témoigne : “Le trajet pour me rendre à Munich m’a semblé irréalisable car je suis parti le jour même de l’allocution du Président de la République Française durant laquelle il annonçait l’état d’urgence et la fermeture des frontières”. Il poursuit : “Malheureusement, l’entreprise dans laquelle je fais mon stage ne m’a pas autorisé à venir sur site. Mais pour mon premier jour, j’ai reçu de nombreux appels de bienvenue durant lesquels chaque collègue s’est présenté à moi. Depuis, je travaille de mon appartement et de nombreuses visioconférences sont organisées pour maintenir un lien social”. Andrea explique : “J’ai décidé de rester en Allemagne d’abord, par sécurité. Repartir aurait voulu dire rentrer dans ma famille en Italie où la situation était très critique par rapport à celle des autres pays européens. Mais aussi parce que le DLR m’a donné la possibilité de faire du télétravail”. L’étudiant poursuit : “L’ISAE-SUPAERO est en contact permanent avec nous et nous assure son aide en cas de problèmes liés au stage, aux cours ou même pour d’éventuelles difficultés financières. C’est très rassurant”.

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